Les Sensei Japonais sont-ils des dieux? 日本人の空手の先生は神様か?

( Attention: le sujet est controversé)

 

 J’écris cet article parce que j’ai trouvé le poste suivant sur Facebook, qui a été écrit par M. Adrian Linton, le 28 juillet. J’ai reçu sa permission de le citer ici.

‘’S’il vous plaît, arrêtez de me demander si je suis bien. Je ne suis qu’un karatéka qui ne peut plus gérer les conneries, en particulier celles de karatéka qui ne peuvent pas appliquer leur karaté dans la rue.

J’aime vraiment les pratiquants martiaux honnêtes qui sont ouverts d’esprit. Cependant, je déteste ceux qui pensent que les karatéka japonais sont des dieux. La plupart d’entre eux ne gagnerait pas un combat dans un air de jeux pour enfants. Jamais ils ne pourraient  penser remporter une victoire sur la rue.L’autre jour, je regardais Okamoto sensei de la JKS. Elle a des techniques fantastiques et un kata remarquable, mais ses capacités au combat de rue ne sont pas existantes. Alors, pourquoi est-ce différent pour le karaté sportif? Je me refuse à en dire plus maintenant par respect pour les autres karatékas. Mes propos ne sont que ma vision personnelle du karaté OSS’’.Adrian 

(Version originale anglaise)

https://www.facebook.com/profile.php?id=100009324319741&fref=ts)

Cette publication a attiré mon attention par hasard l’autre jour et j’ai senti que j’avais besoin d’aborder certains des points qu’il a soulevés. Il est facile de constater qu’il était bouleversé et semblait frustré. Pendant ma lecture, j’ai réalisé rapidement que sa frustration pouvait être une opinion, probablement partagée par beaucoup d’autres karatékas

 

 

Il a soulevé plusieurs points importants et j’ai trouvé que deux d’entre eux étaient ,selon moi, très valables. J’ai décidé de rendre mon opinion publique et j’ai pensé que mes lecteurs seraient intéressés d’avoir l’opinion d’un instructeur japonais. Avant de me lancer, je dois préciser que je ne suis  pas en accord avec toutes les déclarations qu’il a faites (Adrian).

 

 

Par exemple, je ne suis pas d’accord avec sa déclaration au sujet de la JKS et de Sensei Okamoto (photo à gauche). Je trouve que son commentaire est injuste. Pour autant que je sache, ses capacités au combat de rue n’ont jamais été vérifiées ou testées. M. Linton peut savoir quelque chose que je ne sais pas pour faire une telle déclaration. Quoi qu’il en soit, il aurait été plus juste s’il avait expliqué comment il est arrivé à cette conclusion.

 

Quoi qu’il en soit, permettez-moi de passer aux deux points qu’il a formulés dans son post.

 

  1. Le karatéka japonais n’est pas un dieu.

 

2. Le karatéka qui ne peut pas appliquer le karaté dans la rue est le même que le karatéka sportif.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici mes reflexions.

Premier point:

Je suis tout à fait d’accord avec son opinion. Bien que je sois très fier d’être Japonais, je ne pense pas qu’un sensei japonais de karaté devrait être traité comme un dieu. Je suis sûr que mon commentaire va bouleverser certain sensei japonais et leurs adeptes. J’ai entendu des histoires dans lesquelles certains sensei japonais avaient fait des demandes déraisonnables. Je pense que c’est mal et ce n’est pas bon pour le karaté.

Peut-être, par le terme «dieux», M. Linton a voulu dire «maîtres». Même avec cette définition, je suis d’accord que le simple fait d’être un sensei japonais ne devrait pas automatiquement être qualifié de maître. Cette personne peut détenir un haut rang, comme 8e ou 9e dan et plus, il peut même être un champion national ou avoir été champion du monde par le passé. Même avec de telles qualifications, je le crains, ce n’est pas encore pleinement suffisant pour devenir un vrai maître.

Ensuite, vous vous  demandrez: «Quelles qualités faut-il pour être un maître?» Pour mériter un tel titre, je crois qu’il doit y avoir au moins deux exigences supplémentaires :

Exigence 1:

Cette personne doit être en mesure de montrer la maîtrise de ses techniques de karaté aujourd’hui (pas celles qu’il a réalisées il y a dix ans ou même l’année dernière). Un beau discours ou une démonstration médiocre lors d’un tournoi ne suffira pas. Ce doit être des techniques réelles qu’il peut démontrer de façon convaincante et qui sont applicable dans la rue (cela mènera au deuxième point). Pour être en mesure de le faire, unu Japonais (et non Japonais) sensei doit s’entrainer à tous les jours et être en bonne condition physique et mentale.

 

 

Exigence 2:

Le sensei doit avoir le caractère qui convient bien au titre. Un maître, du moins pour moi, signifie un maître non seulement en karaté, mais aussi dans la vie. Un vrai maître doit être capable de montrer l’humilité, l’honnêteté, la patience, la diligence et d’autres valeurs personnelles en plus du courage et de l’esprit combatif. Il n’est pas quelqu’un que vous craignez mais celui que vous respectez. Oui, c’est une tâche difficile. Je ne sais pas ce que vous attendez vous d’un maître , mais pour ma part c’est ce que je m’attends de voir d’un vrai maître. Ne pensez-vous pas qu’il y a trop de «maîtres» et de «grands maîtres» non qualifiés ou sous qualifiés en karaté (Japonais et non Japonais)?

 

J’ai vu une vidéo d’une jeune Japonaise de 9 ans qui a gagné  un championnat junior.

 

Voici le clip vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=tQSNLJn_hGA

 

Son nom est Mahiro Takano, elle a été appelée  maître de karaté junior quand elle n’avait que 7 ans (photo droite). Un enfant de sept ans, peu importe à quel point il ou elle peut performer, ne peut jamais être un maître à un si jeune âge . J’ai écrit un autre essai sur le sujet « Maître de karaté ». Si vous êtes intéressé, vous pouvez le trouver dans mon livre, Shotokan Mysteries (Chapitre 11: Mystère du maître de karaté).

 

Deuxième point:

Le deuxième point soulevé par M. Linton est l’applications des techniques en combat de  rue. Je suis également d’accord avec son opinion. Si vous prétendez que votre karaté est un budo ou un art martial, il doit être applicable dans une situation de rue. Malheureusement, de nombreux pratiquants de Shotokan (Japonais et non Japonais ) n’ont jamais été testés dans une telle situation. Beaucoup croient ou rêvent faussement qu’ils pourraient se défendre dans une situation réelle . Comment peuvent-ils prouver qu’ils peuvent vraiment le faire? Quoi qu’il en soit, la chose la plus importante dans le karaté budo ou un art martial est que votre karaté puise être applicable en situation de combat réel, corps a corps. Dans un combat de rue ou une situation d’autodéfense, bien paraître en kata  et / ou avoir gagné une médaille d’or dans un tournoi majeur ne vous aidera pas.

Est-ce que cela signifie que nous devrions chercher à combattre dans un combat de rue pour tester nos compétences? Certainement pas. Nous devons honorer la citation “Karate ni sente nashi” (il n’y a pas de première attaque en karaté), mais nous devons avoir l’attitude mentale développée durant la  formation au dojo de manière à ce que nos techniques de karaté fonctionneraient  dans un combat de rue ou d’auto-défense.

  1. Linton disait que si bien paraitre est tout ce qui compte, alors qu’est-ce qui différencie le karaté sportif de tous les autres? Cette question nous amène à nous questionner sur le sens véritable que doit avoir le budo ou le karaté traditionnel. Je n’aborderai pas le sujet ici. Je veux juste dire que le karaté traditionnel ( budo) et le karaté sportif sont totalement différents. Avant qu’un côté accuse l’autre, nous devons connaître les différences entre eux. Je pense qu’il est très important de le faire. Savez-vous vraiment quel type de karaté vous pratiquez? Si vous passez beaucoup de votre précieux temps dans votre formation de karaté, je crois que c’est une question importante à vous poser…

 

Comme je vous ai prévenu au début de cet essai, ces points sont très controversés. Je ne m’attends pas à ce que tout le monde soit d’accord avec mes opinions. Je serais heureux de recevoir vos  commentaires constructifs sur ce sujet.

 

(L’essai a été traduit par M. Marc Fournier.)

 

 

 

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